Qui êtes-vous ?

Ma photo
Mon rayon de soleil, Sharly, est décédé le 8 novembre 1998. Aujourd'hui, je suis une survivante et je me suis reconstruite tranquillement avec le temps. Je souhaite vous partager cette route rempli de larmes et de bonheur. Bonne lecture

Extrait d'un chapitre: "Libération"


Aujourd’hui je tourne la page sur une grande partie de ma vie.

J’ai fait les boîtes et les factures finales à mes deux derniers clients de comptabilité. Terminé pour moi l’administration, les payes et la tenue de livre. Terminé pour moi le travail le samedi soir ou le dimanche matin dans mon sous-sol. Mon ordinateur redevient un outil de divertissement et de plaisir, mon bureau va sortir des papiers et me montrer sa vrai couleur…

Depuis mon retour aux études en relation d’aide, j’anticipais ce jour avec beaucoup d’excitation, mais il était tellement loin et par moment tellement impossible à envisager. Finalement j’y suis. C’est vraiment particulier comme sensation, tellement agréable, je flotte.

En août dernier, je suis tombée malade, un simple virus inconnu rien d’alarmant, mais qui a duré presque 3 semaines et je ne suis presque jamais malade… mon corps me parle, je dois l’écouter. Je me suis donc remis en questions.

Une des premières questions, que je me suis posée, c’est pourquoi j’ai encore 3 clients de comptabilité qui ne se sont toujours pas placé ailleurs, alors que je travaille à temps pleins dans une branche totalement différente. Pourquoi, je jongle encore avec les horaires à essayer de tout concilier et que je m’épuise de la sorte. J’ai mal dans le cou, je suis toute bloquée au niveau des épaules, je fais de la fièvre, je ne suis pas capable de travailler, mon bureau me donne mal au cœur.

Et puis, j’ai osé donner ma démission comme travailleuse autonome et j’ai osé donner une date d’échéance à mes services. J’ai expliqué à mes clients que le 29 septembre 2011 c’était la dernière journée, la dernière paye, le dernier rapport mensuel, la FIN.

Cette fin c’est aujourd’hui !!!!

J’ai terminé mes dossiers proprement et je me suis respectée en disant non aux extensions. Mes deux clients en or n’ont pas tardé à faire leurs démarches et j’ai su me retenir de leurs en donner davantage. J’ai aussi mis des limites à mon client difficile et je suis bien décidé à les respecter.

La comptabilité m’a sorti la tête de l’eau dans ma première année de deuil en me permettant d’être une professionnelle à nouveau, de faire quelque chose de ma vie. Grâce à celle-ci j’ai reçu tellement de valorisation. Beaucoup de gens ont cru en moi, ils m’ont fait confiance et ils m’ont offert des belles opportunités de travail. J’ai vraiment été choyée dans ce domaine et je remercie sincèrement toutes ces belles personnes dans mon cœur.

C’est vraiment particulier que dans toutes ces années j’ai fait 4 retours aux études dans cette branche. Au départ au cégep et 3 essais à l’université et c’est quand j’ai finalement démissionné complètement du domaine que j’ai reçu mon diplôme tant attendu.

Mais je ne suis pas une femme de finance, je suis une femme d’émotion. C’est sûr que je suis forte dans les chiffres, mais ce n’est pas moi. J’ai besoin d’être dans le vrai, le concret, le naturel, l’HUMAIN.

Je me dirige donc vers l’inconnu en me faisant confiance dans mon travail et dans mes projets d’études. Parce que c’est déstabilisant, insécurisant, difficile… mais tellement plus vrai.

C’est quand même spécial que la vie m’a ramené à MOI.

Au départ je me dirigeais vers la relation d’aide lorsque Sharly est décédée et j’ai fermé cette porte à double tour dans le deuil. La vie m’a permis de l’ouvrir de nouveau en 2009, une surprise pour moi. Je n’ai pas finis mes études pour l’instant et probablement que je vais sûrement me promener encore au niveau professionnel. Mais j’y suis officiellement et complètement aujourd’hui et pas dans d’autres choses.

Mes épaules sont légères maintenant et mon cou a retrouvé sa flexibilité. Merci !!!


Extrait d'un chapitre: "Yeux couleur soleil"

J’ai commencé mon DEP quelques semaines après les fêtes. Je m’y suis amusée, c’était vraiment simple la matière et j’étais très bonne. Je m’y suis même fait des nouvelles amies.

J’ai rencontré une fille éblouissante qui avait des beaux grands yeux lumineux. Des yeux couleur soleil. Une fille qui dégageait une énergie positive vraiment contagieuse. Elle avait un sourire irrésistible. Un ange dans la classe. J’étais hypnotisée par elle.

Nous sommes devenues bonnes copines et c’est lorsque j’ai su sa date d’anniversaire que j’ai compris. Elle est née le même jour que ma fille…

Elle dégageait vraiment la même énergie que Sharly, elle avait le même rayonnement.

Durant tout mon DEP cette amie m’a fait du bien. Je m’imaginais ce que ma fille aurait pu devenir adulte. Juste la regarder rayonnée sur les gens autour d’elle, c’était merveilleux.

‘’ Je m’ennuie de toi ma grande.’’

Je n’ai pas gardé contact avec cette amie et jamais au grand jamais j’ai revu une adulte comme elle, mais merci la vie de l’avoir mis sur ma route en cette première année si difficile.



Le stress de la comparaison

Hier, j'ai passé une super de belle journée avec une bonne amie à moi sur un flan de montagne à grimper, sans stress, sans performance, sans rien de négatif juste du positif. Le soleil était lumineux, le ciel tout bleu et nous étions seules au monde. Nous avons décidé de nous amuser à refaire des voies plus facile et prendre le temps d'avoir du temps.... nous avons même mangé notre lunch sur le dessus de la montagne sur un joli cap de roche pour profiter du soleil.

Pour le moment je ne vous ai pas partagé encore l'éveil de ma passion qui m'a ramener à la vie, mais éventuellement vous saurez. Je trouve important de respecter une certaine chronologie.

Cette année, mon été a vite passé entre le nouveau boulot et les terrains de soccer des filles, je n'ai malheureusement pas autant grimpé que j'aurais aimé et mon niveau de grimpe a baissé. Lors de nos deux dernières sorties entre amie, nous avons osé accepter que la peur était de nouveau au rendez vous et reconnu que l'endurance musculaire nous avait abandonné pour le moment.

La différence de cette fois-ci est que le stress a tombé. J'ai pris le temps d'arrêter de me taper sur la tête en me comparant avec l'an dernier et j'ai même osé reconnaitre que j'avais du mérite d'avoir atteint un certain niveau, c'est encore en moi tout ça. J'ai réfléchi au fait que je n'ai pas atteint ça parce que je me suis pitchée dans des voies au delà de mes capacités à toutes mes sorties. J'ai performé parce que j'ai beaucoup grimpé, des voies faciles et difficiles, j'ai fait et refait les mêmes voies, j'ai amélioré ma technique et gagner en confiance.

Une grande source de stress pour moi, je le réalise, c'est la comparaison. Pourtant, je ne suis pas du genre à être jalouse ou envieuse et me comparer tout le temps avec les autres, je suis une personne très indépendante voir même un peu rebelle. Mais... Je me compare avec moi-même et j'en ai suffisamment pour me donner du trouble. Voyez-vous je suis une passionnée et lorsque je me donne dans quelque chose c'est intense et je performe, ce qui est correct en soit. Le problème, c'est que j'enregistre ce sommet comme un minimum normal à atteindre et à dépasser. Je me fixe ainsi des standards élevés et je me crée du stress.

Si je ne me stress pas en me comparant avec les autres, pourquoi je me stress en me comparant avec moi-même. J'accepte sans problème que j'ai des amis qui grimpent vraiment plus solide que moi, parce qu'ils n'ont pas ma vie. Ils ont parfois un travail dans l'industrie de l'escalade, beaucoup n'ont pas d'enfant. Une majorité n'ont pas d'hypothèque à payer et partent à l'aventure sans tracas. Plusieurs n'ont pas de peur du tout. Et moi j'accepte cette différence parce que j'aime ma vie avec ses responsabilités et ses soucis, mais aussi avec ses doux bonheurs de couple, ses joies familiales, notre jolie maison et pleins d'autres petits détails.

Ma découverte de la journée d'hier est que ma vie change au même titre que la vie des personnes qui m'entourent est différente. Si les deux dernières années m'ont permises de grimper davantage et que cette année je n'ai pas pus c'est normal que je sois à un niveau différent. Et c'est bien correct aussi !!!

Des grandes épreuves et des beaux miracles ont fait ce que je suis aujourd'hui. C'est facile de dire que la Geneviève d'avant le 8 novembre 1998, n'est pas la même qu'aujourd'hui parce que chaque grande étape de ma vie m'a transformé, mais les petits détails aussi me changent. Je dois accepter que mes priorités varient dans le temps et qu'ils ont un impact sur ma performance ce qui est moins évident.

J'utilise escalade pour vous en parler, mais je vous parle de bien d'autre chose en même temps.

C'est correct qu'aujourd'hui j'ai zéro concentration au boulot, parce que mes filles se sont données le mot pour faire soit un cauchemar, un pipi au lit ou souffrir d'insomnie et ce toutes dans la même nuit. J'ai pas assez dormi c'est clair que je ne performerai pas autant.

C'est correct que cet été nous avons mangé du soccer 3 à 6 soirs semaines parce que les filles aiment ce sport et nous on aime les voir jouer celui-ci.

C'est correct aussi lorsque mon chéri a un rush au boulot, il soit moins patient avec les enfants. C'est un bon papa.

C'est correct aussi que si je ne m'arrête pas pour rassembler mes idées je sois confuse. Je suis saine d'esprit.

La vie est en évolution et il y a tellement de variable que je ne peux comparer.

Donc juste pour aujourd'hui je me dis : "Finis le stress de la comparaison."

Je suis ce que je suis et différente à chaque instant.

Écrire mon deuil, m'a libéré. Vous le partager est bénéfique. Écrire cet article raffermi ma décision. Chaque détail est insignifiant et complètement important.

Bonne journée ensoleillée

Ge
xxx

Extrait d'un chapitre: "Famille"

Comme je vous l’ai signalé avec la venue de Magalie mon identité de maman était ressuscitée, mais pas rassasiée…

Magalie c’était ma deuxième fille. Je n’avais pas eu juste un enfant. J’étais choquée des commentaires ou du regard des autres lorsqu’il nous apercevait Magalie, Ian et moi.

De la colère, simplement de la colère. Beaucoup de colère.

Normalement nous aurions dû avoir un autre bébé au lieu de son décès, parce qu’on essayait. Et Magalie aurait sûrement été le bébé de la famille, la dernière… pas la plus grande.

Mes parents avaient 30 et 31 ans lorsqu’ils m’ont eu. Ma sœur avait 9 ans et mon frère 8 ans. Lorsque j’étais jeune j’ai un peu reproché à mes parents de m’avoir eu si tard. J’aurais aimé être plus proche en âge de mon frère et ma sœur. Je me suis retrouvé à être un peu comme un enfant unique, mais avec 2 mamans, ma mère et ma sœur. Je me suis toujours promis que moi mes enfants ils seraient collés, pas de grand écart entre les âges.

Les parents de la marraine de Sharly, ont une grande famille de 5 enfants. J’ai toujours trouvé qu’ils avaient d’l’aire très unis et heureux. Selon moi, il correspondait à la famille idéale. C’est le genre de famille que j’aurais aimé avoir, mais avec 3 enfants, pas 5.

Ainsi, je suis là avec ma maison, mon mari, nos deux voitures, mon bébé tout neuf et mon travail. Et je suis en colère contre la vie. J’adore ma fille, elle est magnifique, un vrai petit bout en train, mais j’ai de la peine… ma grande n’est pas là. Je l’imagine veiller sur sa petite sœur et j’ai mal.

Est-ce qu’un jour je vais cesser d’avoir mal…

Extrait d'un chapitre: "5 ans"

Ce matin le soleil s'est levé pour le 5e anniversaire de Sharly...

J'ai pris ma journée.

Je lui ai trouvé un autobus jaune en petite voiture et je lui ai apporté avec les fleurs, des collants et une bougie numéro 5.

Elle aurait commencé la maternelle cette année.

...

Ça fait mal.

...

Pffft ! Que c’est douloureux cette année.


Elle avait hâte de prendre l'autobus jaune... comme son cousin et sa cousine. Ils venaient tout juste de commencer en septembre 1998, un peu avant son décès. Sharly était toujours souriante dès qu'elle en apercevait un gros autobus jaune sur la route.

" C'est le tien ma grande, il est juste pour toi "

Je reste là devant cette pierre avec toute ma peine.

Ça fait toujours mal.

Sarah va commencer cette année. Ma sœur est vraiment privilégiée. Je ne vivrais pas ce grand moment avec Sharly.

Les gens sont de plus en plus discret... Maman et la marraine sont toujours fidèles.

Extrait d'un chapitre: "Baptême"

Je n'ai pas fait baptiser Sharly dans la religion Catholique comme moi je l'ai été bébé... mais j'ai eu de besoin de la cérémonie à son décès... que faire pour Magalie ?

Ian lui tenait au baptême, ma mère aussi. Moi pas vraiment, comme je vous l'ai dit j'ai la Foi, mais je n'endosse pas de religion.

Sauf que maintenant j'avais peur de contester la tradition...

D'un coup que c'était une des causes qui ont entraîné sa mort...

‘’ Ah les superstitions ! ’’

‘’ Ben non voyons ça pas de bon sang !! Arrête un peu !! ‘’

Mais le doute subsistait.

Mon chéri a trouvé les mots et je n'ai pu refuser :

" J'aimerais baptiser Magalie dans l'église où le service de Sharly a eu lieu, comme ça, grâce à cette bénédiction, Sharly va veiller sur sa petite sœur."

Oui, je veux qu'il y ait un lien entre mes deux filles... je veux un point commun entre elles. Ce sera cette Église, tu as raison.

J’avais besoin d’un symbole pour me confirmer ce lien. La journée du baptême, j'ai acheté deux roses. Je suis allée en porter une à Sharly avant le début de la cérémonie et l'autre c'était pour Magalie. Je l'ai fait sécher et suspendue dans sa chambre.

Extrait d'un chapitre: "Magalie"

Ce matin d’août 2001 le soleil s’est levé et a illuminé le ciel pour une grande nouvelle.

Mes souhaits ont été exaucés. Magalie est une belle doudoune en santé et une super tannante et fière de son titre. Magalie a été une championne, sa grossesse a été à l'image de sa personnalité, mouvementée. Je crois qu'elle a lutté fort pour avoir sa place et elle en réveillait même son père la nuit tellement elle bougeait dans mon ventre. Moi ça me remplissait de joie, car je voulais que ça soit différent. Je ne voulais pas d'un autre ange. Je voulais une tannante.

À notre sortie d’hôpital, nous sommes allés la présenter à sa grande sœur. Il faisait tellement beau.

Il y a eu une canicule durant plusieurs jours. Elle a commencé le jour de la naissance de Magalie. Journées après journées il n’y avait aucun nuage, pas de pluie, juste du soleil. Je me suis dis que Sharly voulait profiter au maximum de sa petite sœur et partager avec nous ce moment de bonheur.

Magalie n'a pas été un bébé facile. Elle buvait aux 2 heures et n'endurait pas la soif, les coliques, rien... elle n'endurait rien. À ses deux mois, je me suis mise au régime strict sans lait, bœuf, œuf, soya, poisson, noix, arachide, etc... pour soulager ses maux de ventre. "Pfft" difficile le régime, mais enfin on pouvait souffler un peu, elle était un peu plus facile. Pauvre bébé elle avait atrocement mal au ventre avant. Mon régime a duré un bon 4 à 5 mois, en fait tout le temps que j'ai allaité.

À certain moment, je me suis dit que Sharly avait dû prendre toute la patience que j'avais dans le ventre et il ne devait plus en rester pour Magalie... parce qu'elle n'en avait pas pantoute.

J'étais contente d'avoir connu autre chose avec Sharly, car je m'encourageais en me disant que ca allait passer et que c'est sûr que le bon Dieu ne viendrait pas la chercher tout de suite, elle n'était pas prête à être un ange encore, elle avait bien des choses à apprendre sur terre.

Mon identité de mère était réveillée, mais pas rassasiée...

J'avais d'l'aire d'une nouvelle maman et ce n’était pas le cas ! C'était la 2e fois !

Peut-être que si Magalie devenait une grande sœur ça serait moins pire...

Extrait d'un chapitre: "4 ans"

Ce matin le soleil s'est levé pour le 4e anniversaire de Sharly...

J'ai pris ma journée.

Je lui ai apporté des fleurs, des collants de Barbie et une bougie numéro 4. On aurait sûrement joué beaucoup ensemble aux Barbie ou peut-être à la poupée…

C'est injuste, aujourd'hui il y a tellement de truc de Caillou partout dans les magasins. De son vivant il n'y avait pratiquement rien.

Peut-être qu'à 4 ans elle aurait aimé autre chose. Je ne sais pas....

Je ne le saurais jamais.

Je suis un peu en colère je crois.

" Ma grande aurait 4 ans, mon dieu ! "

Est-ce que son visage aurait changé ?

Peut-être est-ce que je lui aurais apprise à pédaler sur 2 roues cet été. Peut-être pas...

Ça fait mal, je suis triste.

La marraine de Sharly et ma mère m’ont téléphoné.

‘’ Merci de vous souvenir ‘’

Les gens commence à oublier je crois.

Ça me rend plus triste encore.

Publication

Aujourd'hui il a fait très beau, du soleil mur à mur sur un fond de ciel bleu, j'ai profité des rayons du soleil à toutes les fois où j'étais dans son rayonnage en m'arrêtant pour le sentir. Cette chaleur sur ma peau, cette source de vie, comme un bisou sur ma joue. Je vous le redis encore et encore, mais je carbure littéralement au soleil.

 
Maintenant, j'ai presque finis de publier les 2 premières années de deuil... Que de larmes j'ai versé durant cette période, j'y replonge pour vous le partager et ça me fait toujours le même effet. Quand je me connecte à mon deuil, je me connecte à ma fille et ça me remplis. Les larmes sont rarement au rendez vous aujourd'hui, mais elles sont bienvenues si elles se présentent. Je suis toujours d'avis que je ne peux donner un sens à sa mort, mais en publiant, je donne un sens à mon deuil et à toute cette souffrance...

Je suis vraiment contente, je suis lue de différents coin du monde et plusieurs m'ont fait part de leurs commentaires de différentes manières. Wow et Merci !!! J'ai même reçu des cadeaux dont je ne m'attendais pas. J'ai virtuellement connu de nouvelles personnes. J'ai même appris des choses que j'ignorai sur certains amis. J'ai fait un petit pont avec ma nièce. Et j'en passe. Ça fait vraiment chaud dans mon coeur.

 
Ce qui est encore plus merveilleux, c'est que malgré mes horaires chargées, j'ai recommencer à écrire et ça me fais du bien !!! L'écriture, c'est quelque chose de magique pour moi, assez dur à expliquer, mais ça m'apaise. 

Plusieurs de mes proches trouvent difficiles ou refusent carrément de lire ce que j'écris. Je trouve ça dommage.... mais je comprends. Et je profite de l'occasion pour vous dire que je vous aime encore plus.

 
Je me demande où se blog va m'apporter, mais je crois vraiment que c'était un bon choix d'oser vous partager tout ça.


Merci à vous tous d'être là et donner vie à tout ça

xxx

Extrait d'un chapitre: "Les enfants"

J'en ai plus.

J'en veux plus...

Du moins, j'étais certaine de ne plus en vouloir...

J'en veux peut-être, mais je ne veux pas avoir mal encore.

Au fond, j'en ai toujours voulu.

Pourquoi je n’en ai pas.

Et si j'avais un tannant au lieu d'un ange, peut-être que le bon dieu me le laisserait pour toute la vie et c'est cet enfant qui serait là à mes pieds à côté de mon cercueil... jamais le contraire.

J'en veux encore, mais pas un ange svp. Un enfant normal qui a besoin d’une longue vie pour apprendre de ses erreurs.

Je suis une maman dans mon cœur et je veux être une vraie maman aux yeux de tous !

Je veux bercer un enfant jusqu'à ce qu'il s'endorme. C'est magnifique cet abandon total lorsqu'il sombre dans le sommeil au creux de nos bras. Je veux l'entendre rire, le voir sourire, voir dans ses yeux l'amour, la naïveté, l'insouciance.

" Ian, j'aimerais qu'on ait un autre enfant "

" J'ai peur Geneviève, je ne sais pas "

" Mais on en voulait un autre lorsqu'elle est partie, je crois qu'on peut essayer tranquillement "

" Je ne suis pas certain "

" Ça va être difficile, mais j'en veux un, je suis prête "

Et Ian a dit oui.

J'ai pris rendez-vous pour me faire enlever le stérilet que j'avais fait installer après le décès. C'était en octobre, un mois très triste pour nous. Le docteur a dit que ca pouvait prendre quelques mois.... ça n'a pris que quelques jours.

Ça fait maintenant 2 ans que Sharly est décédée et je viens d'apprendre que je suis enceinte.

En fait je l'ai su dès qu'on a fait l'amour cette journée là, j'étais certaine que j'avais un bébé en chemin. J'ai attendu patiemment de pouvoir faire le test pour confirmer mon impression, mais je sentais déjà cette petite boule de cellule remplie de vie dans mon corps.

Un mélange de bonheur et de tristesse m'habite. Chaque étape de bonheur durant la grossesse avait son petit soupçon de tristesse et de nostalgie.

Dès sa conception, mon bébé avait déjà un lourd fardeau sur les épaules. Il devait lutter contre les fantômes.

Nous n'avons pas voulu savoir avant la naissance si c'était un garçon ou une fille. On préférait garder la surprise jusqu'à la fin. Ma grossesse était différente et semblable aussi. On s'est mis d'accord sur un nom de petite fille, mais le nom de garçon on n'était pas certain.

Extrait d'un chapitre: "Sarah"

Nous sommes en septembre 1999, ma nièce Sarah va célébrer ses 3 ans... Elle avait 6 mois de moins que Sharly, elles auraient été en même année à l’école. Elle aurait sûrement joué ensemble. Je ne peux aller à cet anniversaire, je ne peux voir le gâteau avec les chandelles.

" Désolée, je ne pourrais pas " Dois-je avoir dît à ma sœur...

Je n'ai pas pu lui en dire plus, je ne pouvais rien lui dire.

J'aurais juste crié de rage. Parce que c'est ce que je ressentais de la colère contre la vie. Parce que Sharly aurait aimé avoir 3 ans. J'aurais aimé être à la place de ma sœur et préparer cette fête de 3 ans moi aussi.

Ça fait mal.

Je suis certaine de faire de la peine et de décevoir ma sœur, mais je ne peux pas, c'est trop difficile.

Ça fait mal.

Je suis désolée Sarah d'avoir manqué ta vie, j'aurais pu profiter de te voir grandir. Vivre un peu la vie de ma fille à travers toi. Je t'aime, tu es une belle adolescente aujourd'hui. Sauras-tu un jour comprendre et me pardonner.

Et si c'est possible, peut-être me faire une place dans ta vie.

Extrait d'un chapitre: "Sharly"

C'était une petite fille très intelligente et patiente. Elle avait un rire et un sourire contagieux.

Lorsqu'elle était bébé et qu'elle commençait à avoir faim. Je la prenais, l'apportais à la cuisine et je lui disais...

" Maman fait chauffé ton lait, ca ne sera pas long 2-3 minutes tout au plus "

Elle arrêtait de pleurer et me regardait m'activer. Je voyais dans ses yeux qu'elle savait que je lui disais la vérité et qu'elle me faisait confiance. C'était un tout petit bébé, mais elle avait compris. À toutes les fois, elle savait que je lui préparais son lait et qu'il était inutile d'en rajouter, maman était là et elle soulagerait sa faim bientôt.

Elle était tellement belle avec ses beaux grands yeux bleus. C’était les yeux de mon père, un bleu ciel magnifique. Je n’en vois pas souvent des yeux comme les siens, mais quand j'en rencontre je suis toujours hypnotisé. Mon père est le seul à avoir ces yeux là, mon frère, ma sœur et moi nous avons tous les trois les yeux bruns. Dans les petits enfants seule Sharly les avait. Les filles à ma sœur et le garçon à mon frère ont tous, tel que nous, les yeux bruns. Le papa de Sharly, lui avait les yeux gris.

Parfois le soir elle tardait à s’endormir et nous écoutait dans son lit. Lorsque j’allais la voir pour lui dire de faire dodo… elle vérifiait si elle avait bien entendu le bruit des chips. Elle demandait de sa petite voix :

‘’ Tu manges des chips et du fromage, Maman ? ‘’

Ça nous faisait toujours sourire. Il me semble que je l’entends encore.

Je lui répondais : ‘’Dors ma chérie, il est tard ’’

Quelques jours avant son décès, c'était l'Halloween et comme nous demeurions en appartement, nous sommes allez passer chez ma sœur. Elle s'était déguisée en dalmatien... ma sœur lui avait fait des taches noires dans la figure et nous sommes partis faire la tournée des voisins. Elle avait un peu plus de 2 ans et c'était la première fois qu'elle passait vraiment comme une grande en marchant. Elle était trop mignonne avec son petit costume à murmurer des mercis et des joyeuses Halloween à tous, parce qu'elle était trop timide et impressionnée pour parler plus fort.

J'ai gardé son costume, il est dans une boîte.

Nous avons fait une petite pièce dans le sous-sol où je range ses choses que j'ai gardé. Cette pièce à une odeur particulière et j'ai trié ses choses dans des bacs opaques. Parfois, mais pas trop souvent, j'y vais.

Il y en a une pour ses cadeaux de noël, ceux qu'elle n'aura jamais. Elle aimait beaucoup Winnie et je lui ai acheté une Barbie avec un Winnie... comme ses 3 ans arrivait en mars je croyais qu'elle avait presque l'âge de jouer au Barbie... Je lui avais acheté une poupée bout de chou également, lorsqu'on allait chez ma mère elle jouait toujours avec les miennes... je crois qu'elle aurait sûrement aimé en avoir une à notre maison.

Il y en a une autre avec ses vêtements préférés ou avec lesquels j'ai une belle image d'elle dans ma tête. Dedans, il y a un petit bas taché bleu de son expérience avec le bleu de méthylène.

Il y en a une autre avec les choses du service, ce que les gens ont laissé avec les fleurs et qui n'a pas été mis dans la tombe, il y a les cartes et petits mots des gens de notre entourage. Il y a aussi les choses que j'ai mises sur sa pierre tombale au fil du temps et que j'ai remplacées de temps à autre. Il y a sa chandelle de 3 ans, celle de 4 ans... J'aime bien lui mettre des collants pour égayer son monument et il y en a toujours trop et je ne sais qu'en faire.

Dans la pièce il y a sa bassinette démontée où l'on voit ses marques de dents sur un côté. Il est facile de comprendre pourquoi on a interdit la peinture au plomb de nos jours, c'est sûr qu'elle en a mangé un petit bout de la peinture de son lit à voir les traces.

Il y a ses douillettes dans un sac. Celle du berceau et celle de son grand lit.

Tant de chose, tant de souvenir en si peu de temps.

Je t'aime mon rayon de soleil et brille là-haut pour maman. J'ai besoin de ta chaleur pour réchauffer mon cœur.

Extrait d'un chapitre: "Urgence soleil"

J’étouffe…

Je ne peux plus respirer…

J’ai mal de ses 3 ans…

 ‘’ Jean, trouve-moi un voyage… je veux du soleil, n’importe où fera l’affaire, juste du soleil ’’

‘’ Ian ?? Non, je ne crois pas qu’il viendra, il ne peut pas prendre congé ‘’

‘’ Je sais que ce n’est pas l’idéal, mais je n’ai pas le choix ‘’

‘’ Merci Jean ‘’

J’ai peur, je viens de réserver un voyage dans le sud, à Cuba.

Je pars toute seule.

Je dois partir…

Ça fait trop mal…

Je ne peux pas rester…

Quelques jours avant le départ, Ian s’est organisé pour partir avec moi.

‘’ Merci chéri, je n’y serais pas arrivé sans toi ’’

Le soleil était au rendez-vous à Cuba.

Je respire un peu mieux…

‘’ Merci ‘’

Extrait d'un chapitre: "3 ans"

Ce matin le soleil s'est levé pour le 3e anniversaire de Sharly...

J'ai pris ma journée.

Je lui ai apporté des fleurs, trois ballons et le chiffre trois en chandelle. J'ai mis des collants sur sa pierre tombale. Des jolis collants de caillou. Elle aimait beaucoup caillou. Elle avait reçu pour ses 2 ans une figurine en toutou de lui en pyjama. Caillou dort dans ma table de chevet et je l'embrasse à tous les soirs pour lui dire bonne nuit.

Comment fête-t-on un anniversaire sans personne à qui chanter.

Elle avait vraiment hâte d'avoir 3 ans, parce que, selon elle, à partir de là elle serait une grande fille.

" À 3 ans on n'est plus un bébé, on est une grande fille "

Trois ans, c'est tellement plus grand que 2 ans.... tellement plus que tu ne l'auras jamais...

Est-ce que tu grandis pareil du haut de ton nuage. Est-ce que tu peux voir que maman aimerait fêter ton 3 ans avec toi.

Il fait soleil aujourd'hui.

" Bonne fête ma grande, je m'ennuie de toi et je t'aime "

Extrait d'un chapitre: "Le voyage"

Avant son décès nous avions réservé un voyage dans le sud en amoureux et moi. Étant donné les évènements notre agent de voyage, le père de Ian, a annulé notre projet sans frais. Mais quand les fêtes de Noël se sont approchées, c'était horrible. Je ne voulais pas voir ça. J'étais catégorique, il fallait que je parte au loin. J'avais déjà acheté des cadeaux de Noël pour Sharly...

‘’ NON ! ‘’

C'était non négociable et absolument essentiel, je devais partir, nous devions partir.

Ainsi, nous partîmes pour Cuba juste avant Noël.

Ah le soleil !

C'était mon premier voyage dans le sud et vraiment je ne pouvais m'imaginer les bienfaits. Aucun repère de ma vie d'avant, aucune nostalgie, le dépaysement total. En fait avec le deuil, c'est comme si j'étais perdue au beau milieu de l'océan et tout d'un coup grâce au voyage un bout de planche était passée assez grand pour que je m'y assoie et reprenne mon souffle. Un répit, un vrai, pour réaliser que j'étais encore un peu vivante.

Là-bas je lisais des livres sur la plage ou au bord de la piscine et mon signait c'était une photo de Sharly avec sa carte de remerciement funéraire. Un peu morbide, mais c'est moi. Son décès c'était mon lien avec sa vie. Un lien avec la mienne également.

Si le but premier était de ne pas voir Noël, il fut vide oublié par la découverte du soleil.

À défaut d'avoir mon rayon de soleil vivante, j'ai un contact privilégié avec elle grâce à la chaleur du soleil. Je tends la joue ou la main ouverte vers celui-ci et lorsque je sens sa chaleur, c'est comme une caresse, un clin d'œil qui me fait énormément de bien. Dans le sud c'est rempli de soleil et je suis ainsi connectée direct avec elle.

Extrait d'un chapitre: "Merci"

J’ai reçu une lettre aujourd’hui... un merci.

L’organisme des dons d’organes m’a remercié pour le don des yeux de Sharly.

J’ai pleuré…

Serait-il possible que ses magnifiques yeux bleus est fait le bonheur de quelqu’un. Un miracle dans la vie d’une personne, probablement un enfant, et peut-être même de deux enfants.

Une chose est sûre, ses yeux vont continuer de briller dans un visage.

Ça ne rachète pas sa mort, mais ça fait un peu de bien de savoir que sa mort est positive dans la vie de quelqu’un.

J’aimerais les revoir, mais je me dis que c’est mieux ainsi.

Une simple lettre, un simple merci… mais tout l’or du monde dans cette période si triste.

La maternité

Vous savez ce qui est particulièrement drôle dans le deuil d'une maman... c'est la culpabilité.

Longtemps, je me suis senti coupable de sa mort...
Longtemps, je me suis dis que je n'aurais pas dû demander à Ian de me laisser étudier ce jour là...
Longtemps, je me suis dis que j'aurais dû changer son siège d'auto...

La culpabilité, toujours la culpabilité. Ça peut bien rimer avec maternité ce mot là... on dirait que ça vient systématiquement ensemble. Et bien dans le deuil, ce n’est pas mieux. Les j'aurais donc dû ou les si j'avais....

Je n'étais même pas dans la voiture lors de l'accident, pourquoi devrais-je me sentir coupable... Une phrase toute logique et rationnelle, mais absolument inutile pour soulager.
Avec le temps, j'ai appris à enlever ce sentiment de culpabilité omniprésent et qui m'empêchait d'avancer, ceux qui me connaissent savent que ça ma coûté la santé, mais Dieu merci j'en fus libérée.

J'ai finalement accepté que je n'y pouvais rien.

Elle ne reviendrait pas, la vie a une fin et c'est la mort.

Je me suis construite une autre relation avec elle maintenant et c'est très bien comme ça.
 ...

Aujourd'hui...

j'ai 34 ans,  (et Dieu merci pas encore de cheveux blanc)
j'ai un ange au ciel, (le meilleur rayon de soleil du ciel)
j'ai trois enfants, (3 belles filles bien vivantes)
j'ai un mari, (que j'aime)
j'ai deux chiens, (vraiment, en voulez vous un ? Je vous le donne)
j'ai un furet, (qui pu, mais qui est bien fine)
j'ai un souris, (un animal vraiment... pfff)
j'ai un cottage, (qui est loin d'être finis de payer)
j'ai un certificat d'université (qui ne me sert plus à rien parce que j'ai changé de branche)
je vais terminer mon 2e certificat d'université à l'automne (qui va me permettre d'obtenir ma fameuse permanence à mon travail et enfin avoir un poste, j'espère)

Mais surtout je suis rempli de culpabilité.

J'ai tellement de regret sur ma vie de mère présentement.

Des regrets pour tous les engagements que je dois changer, parce que les finances me limitent, parce qu'on a pas le temps, parce que je dois travailler, parce que je suis fatiguée...
Voulez vous bien m'expliquer pourquoi j'arrive à me pardonner où plutôt à ne plus me sentir coupable de la mort de mon rayon de soleil, mais que je m'enfarge dans les détails et les niaiseries de la vie aujourd'hui et que ça me pèse, ça m'épuise.

Tout simplement parce que maternité rime avec culpabilité.

J'ai bien beau être zen la plupart du temps, ça me rattrape parfois des soirs comme celui-ci, un petit cafard avant le dodo.

Donc, j'ai osé vous le partager, parce que j'imagine que je ne suis sûrement pas là seule à être une maman juste humaine, très loin d'être parfaite et qui là maintenant en a bien marre de s'en faire avec ça.

Mes filles sont belles, elles grandissent bien et elles ne seront sûrement pas parfaites elles non plus, je ne pourrais pas les protéger de tout et peut-être même que je serais responsable de bien des maux chez elles.

C'est comme ça la vie après tout, avec des jours de pluie qui nettoient la terre et apporte la vie, mais surtout qui nous permettent d'apprécier mieux le soleil qui illumine le ciel et nous réchauffe la peau. 

Bon week end à vous tous

xxx




Extrait d'un chapitre: "Le 9 septembre 2000"

Par une belle journée ensoleillée sans aucun nuage, à bord du Cavalier Maxime au vieux port de Montréal, nous nous sommes dits oui.

Mélanie a fait une lecture touchante et glissé un petit mot à propos de notre rayon de soleil et ce fut touchant et agréable. J’ai vraiment apprécié ce petit clin d'œil.

Notre mariage fut vraiment agréable. Il y a parfois des moments magiques dans la vie qui resteront gravé à tout jamais dans la mémoire et notre mariage en fut un merveilleux.

Il fallait avoir le cœur solide et croire en l'amour pour assister à notre mariage, car autant la cérémonie célébrait l'amour autant il y avait des clins d'œil à la mort. Sur notre gâteau il y avait un grand escalier et un chérubin qui envoyait un bisou soufflé du haut de celle-ci. Après la cérémonie il y avait une envolée de colombe blanche au milieu d'un ciel tout bleu. Notre cadeau d'invité était une étoile de mer, clin d'œil au soleil et au bateau, avec deux colombes blanche. Les invités avaient été spécialement choisis pour leur témoignage d'affection lors du décès.

Un mariage de rêve dans une vie qui en avait bien de besoin.

Extrait d'un chapitre: "Le mariage"

Ainsi, après avoir survécu après la pire épreuve d'un couple, j’ai bien dit survécu et pas réglé, nous avons décidé de s'embarquer pour une autre... le mariage !!! Et pas un petit mariage, un vrai de vrai. Tant qu'à se marier, aussi bien faire ça en grand.

On voulait avoir tous les gens qui nous ont témoigné du soutien dans notre épreuve. Je me rappelle plus combien on était, mais entre 100 et 200 certains. Toutes nos familles et plusieurs amis. Ça monte vite, car chez ma mère ils sont 14, chez mon père ils sont 7, du côté du père à Ian ils sont 6 et du côté de sa mère, une chance, ils n’étaient pas tous là.

Méchante organisation à faire, pfft !! Mes idées noires ont été mis un peu de côté je crois, je n'avais plus le temps. On a beau dire ce qu'on veut, mais les filles ont rêves tous de la robe blanche.

Comme ce livre, ça ne devait pas venir de moi cette idée là....

Toujours est-il qu'on est dans les préparatifs et on magasine les bagues. J'ai trouvé ma bague, un diamant central entouré de petit diamant... un soleil à mon doigt. C'est celle-là que je veux, je veux plus de soleil dans ma vie, je veux des clins d'œil de ma fille tout le temps pour montrer à tous qu'elle est toujours là. C'est Le vide, avec un grand L qui le plus pénible dans la mort, le vide de sa vie. Comme si elle n’avait jamais été là. Personne ne peut savoir qu'elle n'est plus et moi j'ai besoin que tous en soient conscients.

C'est bien long avant qu'elle arrive ma bague...

" Chéri t'es sûre qu’ils n’ont pas appelé pour la bague ? "

" Non chérie, viens on va se rendre au cimetière, il fait gros soleil aujourd'hui "

" Mon amour, je tenais à être ici aujourd'hui, car c'est avec Sharly que j'aurais aimé partager ce moment de bonheur pour nous deux.... Geneviève est-ce que tu voudrais m'épouser ?  " Et il me sort ma bague.

J’ai pleuré.

Merci, chéri tu ne pouvais pas faire mieux. Je t'aime et oui je le veux.

Extrait d'un chapitre: "La maison"

Maintenant qu'on a décidé de se marier... Pourquoi ne pas devenir propriétaire. Avoir notre propre maison, sans voisin. C'est un peu difficile pour moi de vous parler de ce qui a pu nous motivé à l'époque pour acheter une maison, car aujourd'hui je trouve que ça coûte cher pas mal une maison.

Mais cette idée a quand même venue de quelque part... c’était un vieux rêve qu’on partageait Ian et moi.

Lors de mes nombreuses visites au cimetière, j'ai aperçu LA maison de nos rêves qui était à vendre évidemment. Le rêve est parti de là. Elle était sur la rue de l'église, juste assez loin pour ne pas avoir le cimetière constamment sous les yeux, mais juste assez près pour prendre des petites marches.

J'avais et j'ai encore de besoin de ma fille dans ma vie. Elle doit en faire partie peut importe la façon. Elle a grandi dans mon ventre, je l'ai mis au monde et ce n’est pas parce que le bon Dieu la repris que je ne peux plus l'inclure dans toutes les parcelles de ma vie. Et le cimetière… j’en ai de besoin surtout à cette époque.

Donc, cette magnifique maison était à vendre. Durant les jours qui ont suivi, on a passé et repassé devant encore et encore. Puis finalement on s'est décidé à téléphoner à l'agent. Pfft ! Pour être une maison de rêve s'en était une vrai avec le prix et tout. Bien trop cher pour nous. Mais la graine était semée, l'idée commençait à germer on voulait notre maison à nous.

Quels sont nos critères, on ne veut pas d'enfant, on veut être tranquille et je tiens à être tout près du cimetière. Go on magasine pour de vrai. On a passé pour des fous je crois quand j’ai sorti mon histoire de cimetière, mais on y tenait pareil.

On a fini par trouvé un petit bungalow 2 chambres à 12 minutes de marche du cimetière. Une maison de femme célibataire, parfaite pour nous un couple sans enfants et qui n’en aura jamais.

‘’ C'est elle chéri, on l'achète ! ’’

Autant je ne voulais pas demeurer à notre ancien appartement avec Sharly parce que je la voyais partout, autant je trouvais dommage qu'elle n'ait jamais habité la maison... Si son esprit aurait dû rester avec nous après sa mort, peut-être qu'il est pris à Anjou encore et qu'elle ne sait vraiment pas où nous sommes...Ah non, c’était une enfant elle doit être dans la lumière, c’est sûre. De toute façon elle était déjà bien trop raisonnable, c’est certain qu’elle est au paradis.

Extrait d'un chapitre: "Le Cimetière"

J'aime me rendre au cimetière lorsqu'il fait beau et qu'il n'y a pas de nuage. J'y vais assez régulièrement 2 à 3 fois semaine, en fait dès que je passe par là.

J'ai ma petite routine, je m'accroupi ou m'assoie devant son monument et je prends le temps de sentir le soleil sur ma joue... je sens sa présence avec moi et cette présence rempli mon vide et m'apaise.

C'est simple je lui dis que je l'aime, que je m'ennuie, je repense à mes souvenirs et je lui souhaite une bonne journée... je lui remets un bisou soufflé en lui répétant que je l'aime et je peux quitter et reprendre mon chemin.

Ce moment de recueillement est absolument nécessaire et réellement bénéfique les jours où je sens le vide m'envahir et qu'il est trop fort.

Ils sont 3 enfants dans l'allée de Sharly. Ce sont les pierres tombales des enfants qui sont les plus visités au fil du temps... C'est triste, mais en même temps ça fait du bien de voir que je ne suis pas seule à avoir besoin de cette preuve tangible de sa présence sur terre. Le cimetière c'est un symbole, un endroit de recueillement. Il y a deux écoles justes à côté et lorsque je ferme les yeux, je les entends jouer et ce contact me fait du bien. Les enfants doivent rire et s'amuser, c'est le but de l'enfance.

K. est décédée quatre ans avant Sharly, et son papa vient à toutes les semaines lui aussi. Elle est juste en face d'elle. Je ne sais pas pour sa maman, mais son papa est fidèle. J'ai remarqué qu'il est impliqué auprès de l'Église également. C'est sûrement bénéfique aussi. Je sais que K. avait un petit frère. Son papa m'a dit que c'était difficile depuis qu'il avait dépassé sa sœur en âge et fait des choses qu'elle ne pourra jamais faire. J'imagine effectivement.

Il y a un petit J. qui vient de s'ajouter dernièrement, il était plus jeune encore que Sharly... Ses parents lui ont arrangé un petit coin avec ses jouets, c'est très joli. Ils viennent moins souvent, je n'ai jamais rencontré ses parents, mais je dis bonjour à J. à toutes les fois.

Dans la rangée d'après il y a la petite M., un autre bébé au Ciel. Ca fait vraiment plus longtemps que K. et il est rare d'y voir des traces. Ils ont mis une photo sur la pierre. Pour moi son nom me suffit, mais je comprends leur choix.

J'ai installé un bac de fleur en bois et je plante des marguerites et des pensées jaunes l'été. C'est mon père qui a construit le bac de fleur et l'abri pour protéger la terre l'hiver. Je crois qu'il a été touché par ce travail et je suis bien contente qu'il l'ait fait. C'était un super Grand-papa pour Sharly, elle l'aimait vraiment beaucoup.

Le cimetière c’est important, un rite à conserver pour les générations futures et les gens qui restent après la mort…

ah la force de la vie....

La vie c'est tellement plus fort que tout.

Ma fille est décédée et je ne fais que respirer les deux premières années.

Sous cet océan de larme, comme il y a des millions d'années le miracle c'est produit et la vie va apparaître dans l'immensité de l'eau.

Le goût de vivre, la force d'avancer à chaque jour va croître et me permettre tranquillement d'ÊTRE vivante.

Une croissance d'un petit millimètre à chaque mois au début, puis à chaque semaine, à chaque jour, à chaque heure et aujourd'hui je peux vous dire que lorsque j'ai entrepris ce projet de livre il y a 4 ans, il augmentait à chaque seconde.

Je vous l'ai dis dans le descriptif de ce blog, que c'est avant tout un message d'espoir que je veux vous transmettre.

La vie est forte.

Prenez le temps de regarder les insectes, ils sont si petits et si vulnérables, mais tellement forts. Jamais ils ne s'arrêtent, jamais ils n'abandonnent même si vous les avez à demis écrasés.

Je vous le dis j'ai été la première choqué par la découverte de cette force en moi, je me suis battu 8 ans contre et elle a gagné pareil.

Je vous souhaite à tous de la découvrir, elle vous habite et elle vous permettra de gravir n'importe quel obstacle, même la perte d'un enfant. Vous n'êtes pas obligé de vivre de drame, juste de vous arrêter un instant et de prendre le temps de le sentir en vous.


Merci


Je vous partage le début de ce cheminement et mon opposition au travers de

Miracles
Ian
L'acceptation
L'école
Le condo
Identité



Bonne lecture




Extrait d'un chapitre: "Le Condo"

Nous avions donc résilié notre bail à Anjou et emménager temporairement chez mes parents pour 2 mois. Le temps de se trouver un appartement. C'est à Charlemagne que nous avons trouvé un toit où nous loger dans un joli condo moderne et modeste. Un grand 4 1/2 que nous nous sommes amusés à décorer. Nous y avons demeuré un peu plus d'un an. Et nous y avons reçu les amis et la famille assez régulièrement. Malgré la tristesse ce fut une belle année pour nous deux, j'étais à 5 minutes du cimetière et je devais m'y rendre 2 à 3 fois par semaine, les journées de grand-soleil.

Nous avions aménagé la 2e chambre en bureau et en chambre d'invité. Nous avons acheté un lit tiroir pour le glisser sous le lit de Sharly pour recevoir les amis à coucher. Et c'est dans ce lit, un certain après-midi, que nous avons concocté notre premier projet commun d’après décès.

Voyez-vous au moment de son décès Ian et moi étions le couple le plus heureux et unis que je connaisse. Nous venions de traverser une crise en juin et depuis c'était le bonheur, le parfait bonheur. Pour moi, Sharly devait nous quitter, c'était une fatalité inévitable et sans savoir pourquoi j'ai osé croire qu'elle a attendu que notre couple soit fort comme du roc pour que nous restions unis malgré la tragédie. Sharly nous a unis Ian et moi, et c'est pour la vie. J'y crois dure comme fer, c'est une vérité encrée dans mon cœur que je ne peux nier.

Toujours est-il que nous sommes dans l'ancien lit de Sharly à notre condo et nous commençons à discuter de cette vérité, le fait que nous étions toujours ensemble et que nous nous aimions... et j'ai demandé à Ian de m'épouser. Je voulais célébrer notre amour. Malgré toute ma tristesse, mon refus de la vie, mon refus du bonheur, pour ça je pouvais me donner le droit. Après tout c'était le souhait de Sharly de nous voir ensemble, selon mes vérités évidemment.

De plus, je me suis dit que rien ne nous empêchait de reprendre le fil de notre histoire comme normalement nous aurions dû le faire et ainsi le mariage allait de soi. Je crois en cette institution. Je crois que j'avais envie de faire les choses dans l'ordre... c'est comme si en me mariant, en achetant une maison, je pourrais peut-être avoir d'autres enfants qui vivraient vieux, sans en vouloir d'autres pour autant je tiens à vous le préciser. Mais au fond de moi je cherchais l'erreur, la faute que j'ai pu avoir commise pour mériter sa perte. C'est atroce ce que je viens de vous révéler, mais n'empêche que c'est vrai. Je cherchais une explication, la faille qui a créé la série de coïncidence qui a entraîné sa mort et la mienne ce 8 novembre 1998.

Était-ce parce que je suis tombée enceinte à 18 ans d'un amoureux que je commençais à peine à fréquenter.

Était-ce parce que Sharly n'était pas prévue, même si son arrivée surprise m'a remplie de bonheur dès le début.

Était-ce parce que je travaillais à quelques sous de plus que le salaire minimum, que je demeurais encore chez mes parents et que je n'avais pas fini mon secondaire.

Était-ce parce que le père n'avait pas de job stable...

Était-ce parce que ce n’était pas les conditions idéales pour avoir un enfant.

Ou encore était-ce parce que lorsque Sharly a eu 5 mois je me suis séparée du père.

Mais si, après 2 ans de vie commune, on souhaitait se marier.

Mais si, après 2 ans de vie commune, on souhaitait avoir une maison.

Mais si, avec une vraie formation, j'aurais un vrai travail et que je planifiais avec mon conjoint d'avoir des enfants.

Mais si, je fais pour une fois les choses dans le bon ordre, j'aurais peut-être droit au bonheur...

Mais si, il y avait encore de l'espoir bien caché au fond de moi, au fond de toute cette peine...

Mais si, je croyais encore en la vie, la belle vie...

J’aurais aimé trouvé le problème. Il me semble qu’avec un coupable, un responsable ça aurait été tellement mieux. En mettant le doigt dessus comme ça j’aurais pu pour trouver la solution. Et éviter de revivre ce drame.

Je n’en avais aucune conscience, mais c'était là. La mèche était courte on voyait à peine la flamme, mais c'était là. Je voulais croire qu’il était possible que tout ne parte pas en fumée encore…. En m’arrachant le cœur.

Messages les plus consultés