Qui êtes-vous ?

Ma photo
Mon rayon de soleil, Sharly, est décédé le 8 novembre 1998. Aujourd'hui, je suis une survivante et je me suis reconstruite tranquillement avec le temps. Je souhaite vous partager cette route rempli de larmes et de bonheur. Bonne lecture

Plein air....

Vous savez la vie m'a réservée bien des surprises....  des moins bonnes c'est certain, mais la majorité du temps des excellentes.

Ma plus grosse récente surprise de la vie et bien ca été le plein air.

Mais pour vous faire mieux comprendre je dois remonter loin dans le temps, loin... bien loin.

Enfant je vivais dans mon petit monde à jouer avec mes barbies et je ne sortais pas dehors ou presque. L'été, j'avais peu d'ami, je jouais surtout avec mes cousins, cousines et des voisins. J'ai joué au baseball un peu, j'ai jamais fait de natation parce que nous on avait une piscine et j'ai réussit à finir une saison de soccer de peine et de misère en me rendant à tous les matchs à reculons. Donc vous comprendrez que je ne suis pas une grande sportive et j'ai zéro esprit de compétition.

Mon expérience avec le plein air je la dois à mon père. Comme je suis le bébé de la famille et que je suis de huit ans la plus jeune j'ai eu la chance d'avoir mes parents pour moi toute seule pour bien des voyages de pêche ou de chasse. J'ai même fait bien des rides en quatre roues avec juste mon papa.

Je ne suis définitivement pas une chasseuse, sauf pour les mouches et araignées. J'aime le quatre roue, mais je n'en ai pas. J'aime encore beaucoup la pêche aujourd'hui, mais je n'y vais pas très souvent.

En fait, mes plus beaux souvenirs de plein air sont définitivement à la pêche avec mes parents. D'abord dans la chaloupe verte qui me faisait dresser la chair de poule au moindre contacte et par la suite dans la super bleue hi-tech avec un fond plat en tapis. Câline qu'elle était belle cette chaloupe. Mais j'ai des souvenirs aussi avec des bouillis qu'on mettait à cuire dans le presto à la fin du grosse journée sur le lac. Des déjeuners aux dorés qui se tordaient dans la poele tellement ils étaient frais. Des soirées de cartes et les longues heures en bateau sous la pluie...

Sauf que si j'ai des beaux souvenirs que j'aime encore me rappeler aujourd'hui, ce n'est pas à cause de nos prises ou des beaux endroits qu'on a visité. C'est à cause du plein air et juste de lui...

Voyez-vous le plein air ca changeait complètement mes parents. Son plus bel impact était sur mon père un homme excessivement sérieux et responsable. Il devenait tellement plus calme et disponible, il souriait littéralement. En plein air, on avait du temps et on en profitait. Ma mère ne courrait plus de tous les côtés et mon père m'apprenait toutes sortes de chose sur la nature et sur la vie. La vie s'arrêtait complètement et je pouvais enfin jaser avec mes parents. Parfois, j'avais même droit à des anecdotes de leur jeunesse. Sans le savoir à l'époque j'ai associé plein air et paix intérieure.

Adolescente, j'ai éprouvé quelques problèmes personnels et je me suis retrouvée dans un centre qui nous traînait en plein air 5 jours par semaine. J'y suis resté un peu plus d'un mois et j'ai goûté de nouveau à ce petit bonheur d'être en pleine nature. Particulièrement lorsque j'ai essayé l'escalade de rocher... mais l'idée de ce centre était de me faire cheminer et j'en ai profité pour mettre surtout de l'ordre dans ma vie personnelle en oubliant mon lien de plein air.

Comme jeune adulte ma mémoire est toujours déficiente dans ce domaine, parce que dans le fond, moi j'y connais rien au bois et je n'y vais pas sans mes parents...

Et puis l'horreur est arrivé. La nature et la vie en générale tout ca a pris le bord.

Il a fallu que je tombe malade (au pied du mur) pour me conscientisé à l'activité physique, à la santé en générale et à la vie avec un grand V. Après presqu'un an de gym sur des machines à me refaire une santé, je découvre que j'aime bouger. C'est comme si la gène du passé, la perte de la peur du ridicule m'a permise d'oser être moi-même. Je suis une maladroite. Je ne suis pas très bonne en coordination. Mais j'ai réalisé que j'étais lentement capable de réussir des programmes d'entrainement.

Mon chéri quant à lui décide de pousser plus loin et il me paie des cours d'escalade en gymnase sur des prises de plastique et c'est une révélation. L'escalade c'est mon sport. Je suis souple et j'aime travailler dur pour réussir mes objectifs, deux excellentes aptitudes pour cette activité.

Puis mon copain ose où je n'aurais pas osé et il m'inscrit à un cours d'escalade extérieur...

WOW !!!

Je suis tellement dans mon élément, la gestion de matériel, la roche, le soleil... le bonheur. Je suis bien au pied d'une paroi en famille ou avec des amies, c'est MA place.

Lorsqu'arrive les problèmes avec la compagnie (dont je ne vous ai pas parlé pour l'instant) et la chute de Ian dans le deuil (encore autre chose dont je dois vous parler), l'escalade a été notre refuge, notre salut. Cet été là il parait que c'était vraiment pas notre plus beau au Québec, mais je dois dire que pour nous, il a été magnifique parce que le soleil s'est pointé le bout du nez à toutes nos sorties de grimpe sans exception.... et croyez moi on a grimper très, très, très souvent.

Quand vient les 12 ans de Sharly (ca aussi je n'ai pas encore publié, mais ca va venir) et que je ressens un vide flagrant pour cette période qu'est l'adolescence que je ne partegerais pas avec elle... je dois faire quelque chose, je dois changer de vie. Plusieurs choses vont simultanément se produirent et je vais changer de branche complètement. Bye, bye l'administration et bonjour la relation d'aide. Mon deuil a assez évolué que j'ai envie de me plonger à fond dans l'émotion pour aider. J'ai envie d'être dans le vrai, l'humain, parce que le monde des affaires m'écoeure. Je m'inscrits donc à l'Université en toxicomanie.

Comme j'ai poursuivi au file des ans ma formation en escalade et que aujourd'hui je peux encadrer des groupes je vais me retrouver avec une belle opportunité d'emploi. Je me retrouve à remplacer le responsable plein air d'une maison de thérapie pour adolescent(e) toxicomane durant ses vacances. J'y trouve tout ce que j'ai de besoin dans ma vie à cet instant. Le plein air et l'adolescence. C'est certain que je ne m'imagine pas ma fille dans cette maison de thérapie, mais juste d'être avec cette jeunesse, cette rébellion intérieur, cet idéalisme de la vie ca me rempli complètement.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là...

1 an plus tard je me retrouve à faire un remplacement qui dure 6 mois. Je vais passer l'hiver à travailler dehors, beau temps et mauvais temps. À faire de la rando, du rappel, de l'escalarbre, du ski de fond, du snow (ca je suis vraiment poche, mais j'aime ca pareil) et j'en passe. À faire découvrir à ces jeunes une autre facette de la vie, leur faire ressentir cette espèce de paix intérieure qu'on peut vivre en forêt, les amener à se rendre au bout de quelques choses avec succès.

Et bien quand mon remplacement se termine à la fin avril, je ne veux plus travailler en dedans, je ne veux plus faire de plancher. C'est sûr que j'aime ca la job d'intervenante, mais ce que je veux dans le fond c'est le faire dehors, dans la nature. Il me semble que je suis tellement plus aidante quand je transmets ce que j'ai reçu de mes parents, quand je vois des yeux briller de fierté d'avoir réussi à se rendre en haut de la montagne et d'admirer la vue du sommet.

J'avais déjà prévu retourner aux études en septembre pour avoir de l'avancement à mon travail ou avoir simplement plus de poid lorsque j'apporte des idées pour changer des choses... mais là ca ne me tente plus. Nous sommes à la fin avril, je viens de terminer mon certificat en décembre dernier et je ne me vois pas me taper un 4 ans de conciliation travail, école et famille... NON

Et c'est là que le miracle c'est produit....

À la fin de cet été je vais m'embarquer dans la grande aventure. Je vais suivre la formation de Guide en tourisme d'aventure au Cégep St-Laurent. Une formation pratique avec diverses expédition durant 9 mois. Pour laquelle je ne peux concilier travail et étude, je dois juste étudier. Avec cette formation je vais vivre du plein air pour de vrai et tout le temps. Et le plus beau c'est qu'après, je vais faire ca pour gagner ma vie.

.....

J'aimerais vous faire comprendre, mais les mots sont insuffisants...

En fait aujourd'hui quand je suis dans le bois, c'est comme si je retrouve mon coeur de petite fille qui est avec son père qui a dont d'l'air heureux d'être là ici et maintenant. Dans le bois, je me retrouve donc obligée d'être heureuse là ici et maintenant moi aussi.

...

Si j'aurais cru en arriver là un jour...

C'est tellement dur à croire que ca m'arrive...

....

Je suis forcée de constater que j'ai encore des leçons à apprendre de la vie.

J'ai bien appris celle qu'il faut ne jamais rien prendre pour acquis, que tout peut nous être enlever sans avertissement.

Mais celle qui dit qu'il ne faut jamais mettre une croix sur un rêve, même le plus fou.... j'en ai encore bien du chemin a faire.

PLUS DE TOIT OU DE MUR POUR ME CACHER LE SOLEIL...

MERCI  LA VIE !!!

MERCI PAPA ET MAMAN D'AVOIR SEMÉ CETTE GRAINE EN MOI QUI ME NOURRIT ET ME REMPLIE !!!

Messages les plus consultés